Vivre sans voiture personnelle : un an à 100 % chez Citiz
Depuis ma prise de conscience environnementale, j’essaye de réduire mon empreinte écologique au maximum en mesurant quasi annuellement celle-ci. À force de diminution, la voiture est devenue l’un de mes plus gros impacts carbone, représentant ainsi 16 % de mon empreinte. Alors, lorsqu’en 2024 le garage automobile m’a présenté une facture un peu trop salée à mon goût, j’ai pris la décision de vendre mon véhicule au profit de l’autopartage afin de faire des économies et ainsi améliorer mon bilan carbone. Après un an d’expérimentation, cela valait-il le coup ?
Mon rapport et mon usage de la voiture dans le temps
Comme pour la plupart des gens, on m’a vanté l’usage de la voiture et la liberté que cela procurait. Avec le soutien de ma famille, j’ai eu le privilège de faire la conduite accompagnée, de passer le permis et, une fois le nid familial quitté, d’acheter ma propre voiture en 2010 : une Dacia Sandero. Durant les premières années, mes trajets pouvaient aussi bien être de courte, moyenne ou longue distance avec, par exemple, des allers-retours à Paris pour rendre visite à mon père.
Kilomètres faisant, j’ai rapidement atteint une distance équivalente à plusieurs fois le tour de la Terre. En 2022, j’avais alors parcouru 3,7 fois sa circonférence et, au total, ma Dacia Sandero avait roulé l’équivalent de 4,08 fois le périmètre équatorial.
| Année | Kilomètres |
|---|---|
| 2022 | 151 190 |
| 2023 | 159 572 |
| 2024 | 163 517 |
Relever mon compteur est pour moi un moyen de suivre précisément mon empreinte carbone (via le site Nos gestes climat (nouvelle fenêtre)) et de mieux me défier. Ainsi, j’ai pu réduire mon usage de la voiture individuelle pour ne l’utiliser que sur des trajets courts (intra-métropole) et moyens (intra-départementaux). Mais cela fut également facilité par la concentration de mon mode de vie sur le centre de Nantes. Je bénéficie donc d’un maillage de transports en commun plutôt qualitatif et de commerces de proximité répondant à mes besoins. En ce qui concerne les trajets plus longs (inter-départemautaux et inter-régionaux), mes déplacements se font en train avec, au besoin, location de véhicule à l’arrivée. C’est notamment grâce à ce dernier élément que j’ai commencé à utiliser l’autopartage.
C’est quoi l’autopartage ?
L’autopartage permet de louer une voiture, en libre service, près de chez soi. Le tarif de location dépend de la taille du véhicule, de la durée de location, de la distance parcourue, et c’est tout. L’essence, l’assurance, l’entretien, tout est compris dans le tarif. Il existe plusieurs structures proposant de l’autopartage mais, souhaitant être en cohérence avec mes valeurs sociétales, j’ai fait le choix de Citiz, une coopérative née en 2002 prônant l’intérêt collectif, la coopération, l’économie raisonnée et l’action locale. En savoir plus (nouvelle fenêtre).
Mes attentes avec l’autopartage
Plusieurs éléments ont pesé dans la balance quant à mon choix d’abandonner la voiture individuelle : réaliser des économies (notamment sur les frais d’assurance et d’essence), réduire les tentations d’en faire usage, réduire les kilomètres parcourus et l’empreinte environnementale de mes déplacements (les trois derniers éléments étant liés).
Bilan après un an d’autopartage
Bilan économique
| Personnel | Autopartage | |
|---|---|---|
| Stationnement | ± 180 € | 0 € |
| Abonnement | 0 € | 120 € |
| Assurance | ± 500 € | 75 € |
| Essence | ± 500 € | 0 € |
| Usure | ± 178,80 € | 0 € |
| Location | 0 € | 1023,76 € |
| Total | ± 1358,80 € | 1218.76 € |
Il me semble assez difficile de faire un comparatif exhaustif tant mes usages ont été différents avec et sans voiture. Par ailleurs, je trouve complexe d’estimer précisément le coût de l’usure lié à mon ancien véhicule. Aussi, je constate que le budget total se trouve dans la même fourchette, que ce soit pour un véhicule individuel ou collectif, mais que celui-ci ne tient pas compte de l’amortissement de l’achat il y a 10 ans, et des frais de garage possiblement engagés (si j’avais fait réparer mon véhicule au lieu de m’en séparer, le total pour la colonne personnelle aurait été augmenté d’au moins 950 €).
Bilan kilométrique
| Personnel | Autopartage | |
|---|---|---|
| Distance | ± 4000 Km | 1319 Km |
Le résultat est beaucoup plus équivoque puisque l’autopartage aura permis de passer en deça du kilometrage plancher de 4000 kilomètres et de diviser par 3 la distance annuelle parcourue.
Bilan écologique
| Personnel | Autopartage | |
|---|---|---|
| CO2eq | 435 kg CO₂e | 144 kg CO₂e |
À l’instar du bilan kilométrique, en comparant l’usage, je note une division par trois des émissions de CO2 équivalent entre la voiture individuelle et la voiture partagée. Néanmoins, ce chiffre ne tient pas compte de la taille des véhicules puisque j’ai pour habitude de louer une Twingo alors que je disposais, avant de m’en séparer, d’un véhicule un peu plus gros (Dacia Sandero).
En conclusion
Aujourd’hui, en 2025, mon usage des transports se réparti comme suit :
- Ville : tram, bus, vélo, à pied.
- Métropole : tram, bus, vélo, voiture.
- Département : train, voiture.
- Région : train (+ voiture si besoin).
- France : train (+ voiture ou transports en commun si besoin).
- International : train, transports en commun.
Pour ce qu’il m’est possible de quantifier, cela représente :
- 1319 km en voiture,
- 5657 km en train.
Au final, en rédigeant cet article, je retiens que l’autopartage ne m’aura pas forcément permis de faire des économies financières significatives en comparaison d’une faible utilisation de mon véhicule personnel ces dernières années (± 4000 km). Néanmoins, pour ce qui est de réduire mon nombre de kilomètres et mon impact carbone, passer à l’autopartage me permet d’attendre mes objectifs puisque ces deux éléments ont été divisés par trois en une année seulement.